09 novembre 2020

S2E3 (Une histoire ordinaire!)

La pièce est sombre, lumière tamisée, genre pub anglais.
En entrant, à gauche un bar à l’ancienne court le long d’un mur de brique, dans le fond six à sept tables en bois cernées de chaises attendent le client.

Dans cette pénombre un visage rayonne, celui de violette. Ce n’est pas son prénom, on ne l’a jamais su, sa ressemblance avec la fraicheur d’une violette parsemée de rosée, surtout son parfum rappellent la fleur. Son visage respire le bonheur, souriant, il donne l’impression, peut être seulement l’impression, que la vie est facile avec ce genre de femme. On a envie de la serrer dans ses bras pour emporter un peu de cet effluve de bien-être. 
Elle s’affaire à laver les verres, briquer le percolateur où son visage se réfléchit, tout en jetant un œil aux derniers clients. 

Ces derniers sont attablés devant un verre vide, reportant le temps de rejoindre leur foyer, comme s’ils voulaient garder un peu de la chaleur du moment.
Attablés pas tous, à un bout du zinc un jeune homme, le nez dans son bock, semble réfléchir. Un homme qui ne dit rien mais dont toute une vie bouillonne à l’intérieur. Il joue avec la mousse sur le verre, la déposant en tournant ce dernier et la laissant descendre lentement rejoindre le liquide. Il est accoudé là, pourtant il est à des années lumières de ce lieu.

Tout en travaillant Violette lance un regard à ce garçon taciturne. Damien, d’un abord pas facile,  retient son attention, un air de se dire « en grattant un peu ! ».

Damien vient de finir de traire ses vaches et comme tous les soirs il va au village chercher un peu de confort, de réconfort. Il descend le chemin, son chien sur les talons, la tête baissée comme comptant les pierres. Depuis le décès de sa copine, il a changé, la vie n’a plus de sens, du moins le même sens. Il travaille machinalement, mange, dort ou essaie de dormir. Quelque chose est cassé, quelque chose d’indicible, de ténu mais une chose indispensable à une joie de vivre.
 
Lui et son chien Sam arrivent en procession à peu près à la même heure tous les soirs et violette guette la porte malgré elle.
 
Dans la pièce, la radio diffuse la voix éraillée de Janis Joplin, pleurant sur sa vie. Les mots sont chers dans ce lieu, un geste suffit pour se faire comprendre.

Son verre fini, Damien se lève en laissant son dû sur le comptoir et d‘un signe de la main salue l’assemblée. Son chien à la porte l’accueille d’un petit saut sur les jambes; l’animal a compris que l’ambiance n’est plus la même si bien qu’il ne part pas dans des effusions trop importantes il donne sa sympathie en douceur. Tous deux remontent le chemin au soleil couchant. La nature redonne la chaleur emmagasinée  dans la journée et une brise légère apporte des effluves d’herbe coupée. Un meuglement déchire le silence. Le soleil rouge sang repeint la nature avant que le nuit mange toutes couleurs. 

Dans le bar les hommes commencent à se lever se serrant la main, ils vont prendre eux aussi le chemin de leur maison. Ils jettent un dernier regard à Violette en lui souhaitant une bonne soirée. Cette dernière leur renvoie leur sourire à ramassant les verres. Le peu de ménage terminé, elle prend l’escalier de bois et rentre dans ses appartements au-dessus du bar.

C’est une écorchée vive comme Janis Joplin, elle a parcouru le monde avec des hippies, vivant en communauté, passant par toutes sortes d’épreuves, d’expériences ; sexualité, drogue, mendicité.
 
En pensant à Damien elle se met à espérer une nouvelle vie.

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