30 novembre 2020

S5E3 (Tu consommeras mon fils!)

 Je suis né d’une génération, où l’on produisait pour satisfaire le besoin de l’humain.

La guerre était passée par là, il fallait reconstruire et nourrir la population. Quand on faisait ses courses on allait à l’essentiel. On se déplaçait dans différentes boutiques, boucher, boulanger, épicier etc. Le client n’achetait que ce dont il avait besoin.

Début année soixante dix, les prémices d’un changement s’annonçaient. Les hypers marché s’implantaient petit à petit. Les habitudes des clients mutaient, pour eux un gain de temps, au lieu de faire plusieurs magasins, un seul leur permettait de s’approvisionner.

Petit à petit le terme  de consommateur apparait, le producteur y voit là une manne. Au lieu de ne vendre que ce que le client veut, pourquoi ne pas l’inciter, l’obliger à acheter ce dont il n’a pas vraiment besoin.

La surproduction faisait son chemin.

C’est surtout dans les années quatre-vingts que tout s’accélère. La technologie aidant, on va inventer des produits qui ne sont pas de première nécessité, les appareils électroménagers, les consoles de jeux, le minitel qu’il faut payer pour consulter, les voyages en avion, les voitures de plus en plus accessibles ; liste non exhaustive.

La publicité s’insinue partout, poussant les gens à acheter. A ce sujet il suffit de voir les spots de publicité à différentes époques pour avoir une idée sociologique de cette période. La publicité est le reflet du monde dans lequel nous vivons. A la regarder maintenant, je me dis que le progrès ! Ce n’est pas gagné.

L’ordinateur, surtout le téléphone portable poussent les gens, même les plus pauvres, à acquérir des objets qui ne sont pas essentiels mais qui les mettent à un niveau égal à d’autres. Les crédits à la consommation fleurissent de plus en plus. Nous nous habituons à ce genre de mots « crédit à la consommation »  c’est une spirale infernale, on nous pousse à consommer et si vous ne pouvez pas vous acheter le dernier IPhone allez demander à votre banque. Pour la voiture c’est la même chose, « si tu vas chercher le pain, prend une voiture en même temps » nous vante la pub en ajoutant qu’il n’y a rien à payer.

Le paroxysme dans tout cela c’est la crise des surprimes, les banques ont prêtés jusqu’à mettre en ruine leurs clients donc à se mettre sur la paille elles-mêmes. Bravo à ces économistes qui n’ont rien vu venir. Pourtant ce sont eux qui fleurissent sur les plateaux de télé nous expliquant la vie. Comme quoi la honte ne tue pas !

Maintenant beaucoup de ménages n’arrivent pas à joindre les deux bouts, à finir le mois ; en revanche ce ménage paie des loyers énormes par mois, les factures internet, les abonnements de téléphone, le remboursement de crédit en plus de dépenses essentielles. Il faut savoir aussi que les banques vont visiter ces clients pour leur expliquer comment mieux dépenser l’argent qu’ils n’ont pas.

La surconsommation est orchestrée par des sociétés aux dents toujours plus longues avec l’adage de faire de plus en plus d’argent. Tout s’enchaine surproduire veut dire jeter plus, polluer plus, saccager plus et pomper plus de ressources.

La surproduction fait son chemin, Pourtant des populations crève toujours de faim.

Nous sommes maîtres de notre destin, du destin du monde aussi !

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